Parti un mois, pour le boulot, en Californie (Los Angeles), je reçois un coup de fil de John et Indiana. Ils me demandent si je ne pourrais pas faire un tour au Folsom Street Fair de San Francisco, un festival sadomasochiste et « cuir » dont ils ont entendu parler. Je leur réponds qu’ils sont bien gentils, mais que SF n’est pas vraiment la porte à côté. Et surtout que je n’y connais rien en BDSM, étant donné que ce n’est pas vraiment « ma came » (il fallait le faire, quand même, pour trouver une sexualité qui n’est pas ma came !).

Folsom Street Fair

Bref, qui connaît Indiana vous dira qu’elle est irrésistible. Et voilà comment je suis parti pour San Francisco, en ce week-end de septembre. Avec, pour tout vous dire, une certaine appréhension au ventre : la culture sadomasochiste m’a toujours fait un peu peur. Et, avec le recul, je peux dire que j’avais quelques raisons de m’inquiéter. « Observation participative » qu’elle disait ! Elle en a de bonnes, Indiana. Alors, bien sûr, envoyer le seul mec bisexuel de la bande dans cet événement ouvert à toutes et tous ressemblait à une bonne idée. Mais quand on est « vanille » comme moi, un festival sadomasochiste, vraiment ?

Magnitude : soirée gay et ambiance hard

J’arrive donc le samedi, dans l’après-midi. Je descends dans mon hôtel, réservé pour l’occasion par mon couple d’obsédés sexuels préféré (!). Je me trouve non loin de l’église épiscopale, ce qui, je trouve, ne manque pas de piquant. Le premier événement du week-end BDSM se tient au Fort Mason Center. Le temps de manger un morceau et de revêtir une tenue appropriée (c’est-à-dire légèrement fétichiste), l’heure H s’annonce. La boule au ventre, je pars pour la soirée MAGNITUDE.

Muni de mon ticket, je rentre facilement, même si le videur semble un peu moqueur quant à mon accoutrement. Un peu sage, sans doute. Sur place, quelques milliers de gaillards – uniquement des hommes et quelques transgenres – se pressent sur une piste de danse archi-bondée. Voilà qui ne se présente pas si mal. Mon look de minet vanille tranche avec l’ambiance leather-bear, mais j’ai droit à quelques œillades de mecs dont je ferais bien mon quatre-heures. N’empêche que l’idée de me faire fouetter par l’un d’eux ne m’enchante pas réellement.

Puis les regards complices laissent place aux mains baladeuses. Avant que je ne réalise, je me retrouve à rouler des gamelles à deux beaux mâles, qui semblent être en couple. C’est que, finalement, ce festival commence à me plaire. Mais une scène va quelque peu me refroidir. Sur un podium, monte un gros balèze tout poilu, qui tient en laisse un jeune homme bien musclé. Il l’attache devant tout le monde. Et je ne vous dis pas la taille du fouet dont il va se servir pour littéralement lui lacérer le dos.

Magnitude San Francisco

Bon, ben moi, je vais m’en tenir là. Observation oui, mais participante, on va attendre un peu. D’autant qu’il faut que je garde des forces pour demain. Je vais donc me contenter de danse et de quelques attouchements jusqu’à 3h du mat’. Ceci dit, le sadomasochisme se trouve plus sur la scène que sur la piste. Par contre, niveau sexe, ça reste plutôt hard.

Dimanche : le festival sadomasochiste commence

C’est un peu dans le gaz que j’émerge le lendemain matin. Il ne s’agit pas de rater le « main event » de ce rassemblement. Cette fois, je choisis l’option jean et T-shirt, quitte à passer pour un petit joueur. Bon choix : sur place, on trouve autant d’adeptes de l’imagerie sadomasochiste et fétichiste que de badauds dans mon genre. Mais du côté des initiés, tout cela prend l’aspect d’un joyeux carnaval. Pour adultes, bien entendu.

Dans Folsom Street et les rues adjacentes se presse une foule considérable. Des femmes en tenues estivales croisent des mecs la bite à l’air, et tout ce petit monde semble bien s’amuser. On visite les stands des exposants : cela va du matériel SM le plus radical à l’artiste mainstream, en passant par le tatoueur ventripotent. On danse : la musique est férocement techno, en majorité. Et bien sûr, on assiste à des démonstrations sadomasochistes.

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Sur scène, des hommes dominent des hommes. D’autres dominent des femmes. Mais on voit aussi des dominatrices s’amuser avec des soumis. Ou des soumises. Bref, il y en a vraiment pour tous les goûts. A l’approche des scènes les plus radicales se tiennent des branleurs, qui invitent chacun et chacune à les tripoter à leur guise. Ici, une femme à gros nichons est offerte par son dominateur, tandis que, derrière elle, un beau mâle en bave sous les coups de plusieurs maîtres.

Quand le sadomaso se corse

Je me trouve donc là à errer de spectacles prévus ou improvisés en stands BDSM, observant les touristes et leurs réactions. La majorité semble amusée, voire même tentée par certaines démonstrations. Certains, pourtant, s’offusquent de la radicalité de certaines scènes. Ils n’ont pourtant rien vu. A un moment, on m’interdit le passage : il s’agit de la zone réservée aux femmes et transgenres. Très aimablement, on m’indique la Dore Alley, en me prévenant toutefois : « ce n’est pas pour les mauviettes ».

Me sentant moi-même assez mauviette parmi ces adorateurs du sexe qui fait mal, je me rends tout de même vers la zone UP YOUR ALLEY. Premier constat : le public s’avère franchement moins mixte. Ici, on trouve essentiellement des hommes, manifestement gays. Et très probablement adeptes SM. Je ne fais que quelques pas avant de tomber sur un très beau mec, qui me demande si je désire le fouetter ou « quoi que ce soit qui me fasse plaisir ». Je décline poliment l’invitation.

Up Your Alley

Dans la Dore Alley ainsi que dans une petite partie de Folsom Street, l’ambiance s’avère encore plus sadomasochiste que dans le reste du FOLSOM STREET FAIR. J’y retrouve, sans grande surprise, le couple gay de la nuit dernière. L’un des deux a revêtu une tenue de soumis, l’autre joue au maître dominateur. On se retrouve de façon plus que cordiale, si vous voyez ce que je veux dire. Le maître BDSM fait mettre son esclave à genoux devant moi, là, en pleine rue. Il déballe ma queue et me lance : « fuck his throat » (baise-lui la gorge).

Autant pour ne pas passer pour une pucelle effarouchée que par envie, je m’exécute. Et tandis que, sur les consignes du dominateur, je plaque la tête du soumis avec vigueur, il lui donne de bons coups de martinet sur le dos et les fesses. Ce n’est pas désagréable, mais je ne me montre vraiment pas doué. Je suis en train de me dire que je suis plus sado que maso quand un grand mec nous rejoint, un énorme braquemart à la main. Il prend littéralement la tête du soumis et s’enfonce dans sa bouche. Ça fait des bruits de déglutition, presque d’étouffements. Au bout de quelques minutes de ce régime, il gicle dans la bouche de l’esclave.

Je m’écarte du champ de l’action. Une file indienne vient de se former : des mecs qui veulent profiter de la bouche du soumis. Toujours sous les coups de son mec, il s’applique à bien les sucer, les uns après les autres. Puis un autre couple s’installe à nos côtés, pour jouer exactement au même jeu. Je fais signe au dominateur que j’y vais. Et il me donne rendez-vous à la petite fête du soir.

Deviants

Car le Folsom Street Fair ne se termine pas tout à fait en cette fin d’après-midi. Il reste la fête de clôture, sobrement intitulée : DEVIANTS. La soirée se déroule au Mezzanine, sur Jessie Street. Et je vais y assister à un féroce concours de « perversions » et autres « déviances » sexuelles. Dans l’attitude, dans le « costume » ou dans les actes, ce sera à celui qui aura l’air le plus perché.

Deviants San Francisoc

Là encore, l’événement est essentiellement masculin (avec quelques shemales et travestis). Nous devons être un millier à danser, ce dimanche soir, dans une ambiance sexe, aussi bien vanille que sadomasochiste. Certains se contentent d’exhibitions plus ou moins osées, d’autres profitent des installations BDSM. Mais des groupes se forment, en des partouzes plus ou moins nombreuses.

Il serait trop compliqué de vous narrer tout ce que j’ai fait (et ce que je n’ai pas fait) ce soir-là. Sachez seulement que si vous passez à San Francisco au mois de septembre et que vous aimez les sexe hard entre mecs, la soirée Deviant est « the place to be ».

http://www.sexplorateur.com/wp-content/uploads/festival-sadomasochiste.jpghttp://www.sexplorateur.com/wp-content/uploads/festival-sadomasochiste-240x240.jpgDan the Flasherreportagesgay,sadomaso,USA
Parti un mois, pour le boulot, en Californie (Los Angeles), je reçois un coup de fil de John et Indiana. Ils me demandent si je ne pourrais pas faire un tour au Folsom Street Fair de San Francisco, un festival sadomasochiste et 'cuir' dont ils ont entendu parler. Je...